la Grotte du Noisetier à Fréchet-Aure,

Hautes-Pyrénées

 

 

Présentation générale pour non spécialistes

 

 

Localisation

La Grotte du Noisetier se trouve sur la commune de Fréchet-Aure, à un peu moins de trois kilomètres au nord d’Arreau, dans les Hautes-Pyrénées. Elle surplombe la Vallée d’Aure, au fond de laquelle coule le principal affluent pyrénéen de la Garonne, la Neste.

La grotte s’ouvre à 825 m d’altitude, soit à une altitude relative d’environ 145 m par rapport au fond de la vallée. De l’autre côté de la vallée, le célèbre Col d’Aspin est situé à 1489 et le non moins célèbre Pic d’Arbizon, culminant à 2831 m, n’est qu’à une dizaine de kilomètres au sud-ouest. Le Pic du Midi de Bigorre (2872 m) se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’ouest.

D’un point de vue administratif, le site se trouve sur une parcelle boisée appartenant à la Municipalité de Fréchet-Aure. Il appartient à un ensemble de cavités appelé « Grottes de Peyrère » et porte également le nom de Grotte de Peyrère 1.

 

carte de localisation

 

vue du site depuis la route du col d'Aspin

 

 

 

 

Historique

Signalée par A. Viré dès 1898, la présence de vestiges préhistoriques dans la Grotte du Noisetier a été redécouverte en 1985 par L. Casteret.

M. Allard (Service Régional de l’Archéologie de Midi-Pyrénées) y a réalisé d’importants sondages en 1987 puis en 1992-93. Ses travaux ont montré l’importance archéologique du site et ont conduit à sa protection par la pose d’une puissante grille métallique.

Depuis 2004, un nouveau programme scientifique a été mis en œuvre pour étudier la Grotte du Noisetier : il associe de nombreux spécialistes, préhistoriens, technologues (étude des objets de pierre taillée), archéozoologues (étude des os des animaux préhistoriques), tracéologues (étude des traces d'utilisation sur les outils de pierre taillée), géologues (étude de la formation de la grotte et du dépôt des sédiments qu’elle contient), paléoanthropologues (étude des restes humains), anthracologues (étude des charbons de bois), etc.

plan schématique des grottes de Peyrère,

d'après A. Viré 1898

 

fouilles M. Allard

 

 

 

 

Principales découvertes

Le site a livré des objets de pierre taillée et des ossements d’animaux correspondant au Paléolithique moyen, l’époque durant laquelle vivait l’Homme de Néandertal en Europe. Des os et des charbons du site ont été datés par la méthode du Carbone 14 : les dates obtenues sont proches de 45 000 ans avant le présent, soit une période précédant de peu la disparition des Néandertaliens.

Les occupants du site ont utilisé des galets de quartzite, de lydienne et de schiste prélevés dans la Neste pour réaliser leurs outils. Ils ont aussi ramené quelques objets en silex depuis le piémont pyrénéen, à l’extérieur de la chaîne montagneuse : la plupart proviennent de la région de Tarbes mais quelques uns ont été proviennent du Béarn et de Chalosse, à plus de 100 km à l'ouest. Les vestiges en pierre taillée retrouvés dans la Grotte du Noisetier sont surtout des éclats, des fragments de matière détachés d’un bloc en le frappant avec un autre galet. Certains de ces éclats sont retouchés, transformés en outils particuliers en modifiant l’un des bords par de petits enlèvements. Ces éclats et ces outils retouchés (racloirs, denticulés, etc.) correspondent au Moustérien, la culture caractéristique des Hommes de Néandertal.

Les ossements découverts dans la Grotte du Noisetier correspondent en partie à des espèces montagnardes (Bouquetin, Isard) et en partie à des espèces également fréquentes en plaine (Cerf, grands bovidés). Les os d'Isard ont été accumulés par des animaux, en particulier le Cuon et peut-être le Gypaète barbu qui aurait utilisé la cavité comme aire de nichage. Les os de Cerf et certains os de Bouquetin portent des traces liées à des actions humaines : traces de dépeçage et de boucherie, fractures intentionnelles pour récupérer la moelle, utilisation comme retouchoirs.

Une concentration de charbons, de sédiments rougis et de pierres éclatées par la chaleur correspond à un foyer préhistorique particulièrement bien conservé.

Une surface limitée, des occupations probablement de courtes durées et le caractère bien conservé du site sont autant d’atouts pour mieux comprendre les stratégies d’occupation du territoire, les adaptions au milieu montagnard et les comportements des derniers Hommes de Néandertal.

 

     

crâne de l'Homme de Néandertal de la Chapelle-aux-Saints

 

racloir en quartzite de la Grotte du Noisetier

 

os d'Isard portant des traces, probablement de dents de Carnivore

 

os de Cerf portant des traces de découpe avec un outil de pierre taillée

 

foyer

 

 

 

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Dernière mise à jour le : 12 juillet 2011.